jeudi 9 août 2018

Le renard, la Tonnerre et l’Éclair


Le Renard, le Tonnerre et l'Eclair.

A la nuit noire et au pied d'un figuier le renard cueillait des figues. Heureusement pour lui que le vent charriait des nuages, les nuages s'entrechoquaient et du choc maint éclair traversait l'obscurité. Grâce donc au jaillissement des éclairs le renard apercevait les  figues tombées par meules. Après l'éclair le tonnerre s'entendit. Il ne disparut pas tout de suite. Beuglant et se prolongeant de montagne en montagne , comme si après un dîner de gala  on avait remué les tables dans le ciel, ou bien comme si on bâtissait des murs contre les étoiles et que les charretiers déchargeassent des blocs sur leur route. Un tapage semblable n'était pas du goût du renard qui  s'adressant aux nuages leur manda cette prière : « Eslampeya, eslampeya, E nou peta ! Des éclairs, des éclairs et non des pets ! »
Les nuages obéirent et les éclairs depuis lors firent rage, tant et si bien que la queue du renard en fut presque brûlée : « Aïe, s'écria-t-il, quel pet de tonnerre ! » Et aussitôt il changea de couplet, disant : « Pets, pels e nou eslampels !  Des pets, des pets et non des éclairs !»

Conté par François JOAUNOU d'Arrens en 1896.



mercredi 8 août 2018

Coquin de chat


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Coquin de chat

Ce coquin de chat, en avait-il dérobé du boudin à la saison du carnaval ! Vers Pâques, à l'exemple des autres paroissiens, il voulut aller à confesse, le curé se refusa à l'absoudre. Les échines de porc, les foies d'oie et les ailes de poulet s'étaient engloutis dans son ventre. Chacun se plaignait de ce démon de chat... et surtout la gouvernante qui mit M. le curé au courant de ces méfaits  énormes. Dès que celui-ci aperçut Minet à genoux devant le guichet du confessionnal, il ne lui demanda pas combien la semaine comptait de jours, mais vlan! Sans même écouter ses excuses il l'envoya quérir son pardon à Rome. Depuis le chat a prit ses distances avec M. le curé et continue à dérober et à se bâfrer. Démon de chat !



mardi 7 août 2018

Les pilous


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Les Pilous

Bien des fois au crépuscule, lorsque les couturières et les ouvriers  regagnent leur logis, ils entendent des cris étranges dominant les bruits du soir, et si c'est en été faisant taire les grenouilles et les grillons. On dirait des
cris d'animaux furieux, des miaulements de chats et des aboiements de chiens enragés. Souvent, les passants ont vu dans des champs de genêts, ou au beau milieu d'une clairière ou d'une pièce de terre en pâture, des petits
êtres semblables à des chats, gambadant, se déchirant entre eux et hurlant comme des possédés. Parfois, ces petits monstres grimpent sur les pommiers, tout en se poursuivant et en continuant leur infernal tapage.



lundi 6 août 2018

Le lièvre messager


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Le Lièvre messager

Dans un village anglais vivaient des gens simples qui, l'échéance étant venue, devaient payer les redevances au seigneur, et ils n'avaient pas de messager à faire promptement leur commission. « Que faire ? Se dirent-ils l'un à l'autre, car voici l'échéance ! » Quelques uns dirent: « notre lièvre Richard est un animal rapide : mettons-lui au cou une bourse avec l'argent et disons lui de la porter bien vite au château du seigneur. » Ainsi dit, ainsi fait : le lièvre, avec l'argent et la bourse, courut au bois le plus vite qu'il put, et les gens ne surent pas où il était allé.



dimanche 5 août 2018

Les lutins de la mer


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Les Lutins de la mer

Les sirènes et les lutins jouent un rôle important sur le rivage de Noirmoutier et particulièrement au passage du Gois. Là, certains lutins, connus sous le nom de Braillards, poussent des cris plaintifs, les nuits de tempêtes, quand le vent souffle avec le plus de violence. Les marins persuadés que ce sont des naufragés ou des âmes en peine qui réclament leur secours se jettent à l'eau et nagent à leur rencontre, mais plus ils avancent, plus le courant semble emporter les Braillards. Les perfides ! Ils reculent jusqu'à ce qu'ils aient entraîné leurs bienfaiteurs au bord d'un précipice. Alors ils se soulèvent au dessus des vagues, rient aux éclats et disparaissent.



samedi 4 août 2018

Les génies de la mer


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Les Génies de la mer en Basse-Bretagne

A Roscoff on croit à un grand sorcier rouge qui se promène sur le rivage pendant les nuits et précipite  sans pitié dans les flots quiconque a la témérité de troubler la solitude de ses courses nocturnes. C'est lui qui excite les orages en frappant la mer à coups de fourche ou avec une longue gaule.



vendredi 3 août 2018

Monstres marins


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Monstres marins

 Maçoudi dans les Prairies d’Or raconte que lorsqu'on commença à construire Alexandrie, des monstres marins venaient toutes les nuits renverser les fondations. Alexandre fit alors construire un coffre en verre dans lequel il se fit descendre au fond de la mer, dans le but de dessiner le portrait de ces monstres. Quand il fut de retour de son voyage sous-marin il fit faire des statues représentant ces animaux  et les fit placer sur le bord du rivage. La nuit suivante quand les monstres marins sortirent de l'eau et se trouvèrent en face de leur propre image, ils s'enfuirent épouvantés pour ne plus revenir.



jeudi 2 août 2018

le Kraken



Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Le Kraken

 « Les pêcheurs norvégiens, dit Pontoppidan, affirment tous et sans la moindre contradiction dans leurs récits, que, lorsqu'ils poussent au large à plusieurs milles, particulièrement pendant les jours les plus chauds de l'été, la mer semble tout à coup diminuer sous leurs barques; et s'ils jettent la sonde, au lieu de trouver quatre vingt ou cent brasses de profondeur, il arrive souvent qu'ils en mesurent à peine trente ; c'est un kraken qui s'interpose entre les bas-fonds et l'onde supérieure. Accoutumés à ce phénomène, les pêcheurs  disposent leurs lignes, certains que là abonde le poisson, surtout la morue et le lingue, et ils les retirent richement chargées. Mais si la profondeur de l'eau va toujours en diminuant, si ce bas-fond accidentel et mobile remonte, les pêcheurs n'ont pas beaucoup de temps à perdre. C'est le kraken qui se réveille, qui se meut, qui vient respirer l'air et étendre ses larges bras au soleil. Les pêcheurs font alors force de rames, et quand à une distance raisonnable ils peuvent enfin se reposer en sécurité, ils voient en effet le monstre qui couvre un espace d'un mille et demi de la partie supérieure de son dos ».


mercredi 1 août 2018

Serpent de mer


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Le Serpent de Mer

Olaus Magnus, archevêque d'Upsal, qui vivait au XVIe siècle rapporte ceci :
« Il y a sur les côtes de Norvège un serpent de deux cents pieds de long et de vingt pieds de circonférence qui vit dans le creux des rochers, aux environs de Bergen, et sort de son repaire la nuit, au clair de lune pour dévorer les veaux, les moutons, les porcs, ou se rend à la mer pour s'y nourrir de crabes. Ce serpent a une crinière de deux pieds de long, il est couvert d'écailles et ses yeux brillent comme deux flammes, il attaque quelquefois un navire, dressant sa tête comme un mât et saisissant les matelots sur le pont. »

mardi 31 juillet 2018

Le dragon


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Le dragon.

Il existe une très ancienne tradition d'après laquelle le dragon craint le tonnerre et en est souvent frappé. Les enchanteurs ayant besoin des dragons pour instruments de leurs maléfices leur font entendre un bruyant roulement de tambour, qu'ils prennent pour le tonnerre et ils se laissent ainsi dompter. L'enchanteur monte alors le dragon et parcourt sur son dos des espaces immenses.



lundi 30 juillet 2018

La Grande Ours est un char


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

La Grande-Ourse est un char.

Un cocher mena un jour un Dieu en voyage, ce Dieu en récompense, l’autorisa à faire un souhait. Le charretier dit qu'il aimerait conduire éternellement sa voiture d'orient en occident. Son vœu fut exaucé, le char a prit place dans la voute étoilée et la plus haute des trois étoiles du timon celle que l'on appelle ordinairement le cavalier c'est le cocher.



dimanche 29 juillet 2018

Les Vaisseaux fantastiques en Bretagne.


Les voyages du Conteur de Légendes

Petites histoires oubliées.

Les Vaisseaux fantastiques en Bretagne.

Dans certaines localités du Morbihan, il est assez souvent parlé de vaisseaux de haut bord montés par des hommes et par des chiens d'une taille gigantesque. Ces hommes sont, paraît-il, des réprouvés dont la vie a été souillée par des crimes horribles, les chiens sont des démons préposés à leur garde et qui leur font endurer mille tortures. Sans cesse les vaisseaux maudits sillonnent les flots, passant d'une mer dans l'autre sans entrer dans aucun port, sans jeter l'ancre jamais, et il en sera ainsi jusqu'à la fin du monde. Il ne faudrait pas qu'un navire se laissât aborder par l'un d'eux : l'équipage serait enlevé en un tour de main et disparaîtrait sans laisser de traces. Les commandements à bord des vaisseaux maudits se font au moyen de conques marines dont le bruit strident s'entend à plusieurs milles de distance. Il est donc facile de ne pas se laisser surprendre.



jeudi 26 juillet 2018

Un Vaisseau fantôme aux îles Maldives


Les voyages du Conteur de Légendes.

Anciennes petites histoires oubliées

Un Vaisseau fantôme aux îles Maldives

On parle d'un génie marin qui apparaissait tous les mois aux habitants des îles Maldives sous la forme d'un Vaisseau rempli de lanternes. Les apparitions du génie ne cessèrent pas complètement, mais il n'eut plus aucun pouvoir sur eux. Un homme qui  prétend l'avoir aperçu et cite qu’on eût  dit sur la mer, pendant la nuit, un grand vaisseau plein de lampes et de brûlots que les habitants éloignèrent en frappant sur des vases de cuivre.

samedi 21 juillet 2018

Coquin de Polichinel


Les voyages du Conteur de Légendes.

Anciennes petites histoires oubliées

COQUIN DE POLICHINELLE

Polichinelle est très-fatigué, il a couru, dansé, chanté, et il mangerait bien quelque chose. Il entre chez une bonne vieille paysanne occupée à faire déjeuner son chat, un affreux minet noir qui fait peur à tous les enfants. Polichinelle tire le chat par la queue, le lance de l'autre côté, et avale son déjeuner, et comme la vieille paysanne a suivi son cher minet qui fuyait en miaulant, il mange aussi le déjeuner de la vieille paysanne et sort en s'essuyant les moustaches. Oh ! Coquin de Polichinelle, voilà encore un de tes tours.

dimanche 15 juillet 2018

Nélia et le vieux Conteur


Nélia et le Vieux Conteur

Dans le village il y avait un pauvre, très pauvre homme. Après une dure vie de labeur il s’était retrouvé tout seul. Ayant énormément travaillé comme journalier, c'est-à-dire à la demande, il n’avait point pu mettre d’argent de côté. Et ainsi, au soir de sa vie il vivait de très peu. Tout le monde l’aimait car il racontait quantité d’histoires très étranges sur de drôles de personnages qu’il imaginait mais hélas qu’il n’avait jamais vus. Les enfants avaient les yeux qui brillaient et les adultes parfois se laissaient transporter. Nélia apprit son existence par un rossignol qui passait par là. Elle appela tous ses amis de la forêt et d’ailleurs et organisa une fête pour ce vieux Conteur.
Quand tout fut prêt, elle se transforma en un gros chat et vint gratter à sa porte. Le Conteur ne sembla pas le moins du monde surpris. Nélia lui tendit l’invitation en ronronnant. Il était invité ce soir au cœur de la forêt à un repas costumé. Sur le carton  il y avait quelques précisions sur le déroulement de la fête. Il regarda l’invitation avec beaucoup d’attention. Il devrait mettre un costume de seigneur et se laisser conduire.
Ce qu’il fit. Ainsi vêtu, il prit place dans le carrosse qui venait d’apparaitre et l’équipage partit au galop à travers bois. Il fut reçu en grande pompe au merveilleux château qui sembla sortir des nuages pour se poser au cœur d’une clairière.  Le sol était de marbre poli et miroitant. Il fut accueilli  par des lutins, eux-mêmes en grande livrée humaine. Une très belle dame âgée se présenta comme étant la reine des lieux l’invita à prendre place prés d’elle.   Un merveilleux repas leur fut servi. La reine ne buvait que de la rosée prise sur les roses rouges que des servantes avec de petites ailes lui tendaient. Le repas fut élaboré par un magicien habillé dans un costume d’un autre âge qui avait la réputation d’être d’une habileté si merveilleuse dans l'art culinaire, que souvent lui-même en restait tout étonné. Il savait préparer les mets les plus raffinés, les pâtés de violettes les plus succulents, les sauces les plus compliquées.
Puis minuit sonna et doucement le château s éleva au dessus des cimes et prit naturellement place sur les nuages. Parfois, on entend un rire venant  de partout … mais je m’arrête là car j’ai peur que vous ne me croyez pas et pourtant, c’est la vérité vraie.

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

Bel été plein d’imagination, la réalité dépend de la façon dont on la peint.



dimanche 17 juin 2018

Nélia et les fraises


Nélia et les fraises

Depuis un jardin des plaintes montaient vers les nuages. Nélia s’approcha pour aider les  désespérés. Il s’agissait de fraises qui venaient d’être ramassées. Nélia se transforma en rouge- gorge et se posa sur le bord du panier. La plus bavarde des grosses fraises et la plus rouge aussi  lui raconta ce qu’il leur était arrivé : « nous étions encore accrochées à notre mère. Mes sœurs et moi avons été  promptement enlevées par une personne très adroite. Qu'allons-nous devenir maintenant ?  Hélas ! Le savons-nous?  Nous serons croquées, sans doute. J’ai entendu dire que les fraises sont bonnes crues, cuites, de toutes les façons. A moins que ce ne soient de braves gens.  Et quelques braves gens qu'ils puissent être, crois-tu petite sœur, qu'ils auront des scrupules de manger de pauvres fraises comme nous ? 
-  C'est vrai, répondis Nélia.
-  Les fraises sont faites pour être dégustées,  ajouta une autre compagne d'infortune en guise de consolation ».
 « Une bande de marmots nous fit craindre le pire, heureusement qu’une voix forte les arrêta à temps. « N’y touchez pas elles sont réservées ! 
C’est pour la fête des Pères, nous allons faire une très belle tarte pour votre père. »
Entendant cela, les fraises furent très fières, régaler un papa quel honneur.
Nélia en eut l’eau à la bouche et se rappela qu’elle avait complètement oublié de souhaiter la fête à son père le Vend Chaud du Désert.  


Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

Belle semaine en croquant la vie comme des fraises bien mûres.


dimanche 3 juin 2018

Nélia et l'enfant qui s'ennuyait


Nélia et l’enfant qui s’ennuyait

Ce jour là, un garnement qui paraissait ne pas avoir plus de 10 ans se promenait dans le village en se demandant quel coup pendable il pourrait faire. En gros, il s’ennuyait. Le gamin fit  une chose qui étonna beaucoup  ceux qui le regardaient et qui se sont moqués de lui par la suite. Le village de Nélia est traversé par un charmant petit ruisseau : le ruisseau si bien nommé « De la Petite Fée ». Ce jour-là, Séverin c’était son nom, avait ses beaux souliers  du dimanche. Sa mère pensait qu’il serait sage et qu’il pourrait enfin courir en toute  sécurité. Ça le gênait particulièrement  car il aimait par-dessus tout, courir pieds nus. Mais ses  beaux souliers  empêchaient ses pieds de respirer, comme il le disait très en colère.  Rapidement le naturel revint au galop. Et toujours, comme on le parlait dans le village,  il lui  prit dans sa tête  qu'il serait plus commode d'aller sans ses souliers. Rêvant de grands voyages sur les mers qu’il n’avait jamais vues, pour rendre son histoire plus réelle, il livra au ruisseau d'abord un soulier, puis un autre. Il les regarda naviguer et dériver le long de la rive, avec des battements de mains. Les souliers naturellement disparurent sous le pont. La légende disait que sous ce pont, il y avait un grand trou noir très profond. Soudain, on entendit un grand bruit de cascade et dans un grognement les chaussures disparurent. L’enfant crut voir deux yeux très brillants et menaçants qui semblaient lui jeter un avertissement. Terrorisé, Séverin parti au galop comme un jeune cheval fous.  Dans sa course il marcha sur du verre brisé et se blessa légèrement un orteil.  Il s’écroula dans l’herbe,  les jambes tremblantes, mouillées et froides comme la glace. Il rampa comme un gros orvet blessé. Nélia qui passait le regarda venir avec surprise et s’approcha. L’enfant pleurait à chaude larmes. Nélia regarda vers le trou sous le pont et fronça les sourcils. On entendit alors un gros remue ménage et deux chaussures trempées atterrirent près du gamin. La petite fée prit le pied blessé et souffla sur la blessure qui guérit comme par magie. Puis prenant le garnement par la main, elle le reconduisit chez ses parents pour leur expliquer la mésaventure du gamin et surtout lui éviter une antique fessée.

Conte protégé

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes

dimanche 27 mai 2018

Nélia et la petite famille sous l’orage

Nélia et la petite famille sous l’orage
Une maman se promenait avec ses deux petites filles par un temps qui semblait bien incertain. Marie plus prévoyante que sa petite sœur, avait prit son parapluie. Manon se contenta d'emporter sa poupée, enfin son bébé comme disait. Il y avait quelque temps qu'elles étaient dehors, lorsque le ciel se couvrit de nuages et que les premières gouttes de pluie commencèrent à tomber. Marie ouvrit aussitôt son parapluie et se couvrit la tête, sans faire attention à sa petite sœur qui cherchait un abri auprès d'elle.
« -Laisse moi un peu de place, dit Manon, je suis toute mouillée et mon bébé aussi !
- Non répondit Marie, il n’y a pas de place pour nous deux. Il fallait emporter le tien. »
La maman enleva son grand foulard pour le mettre sur la tête de la petite. Marie rougit et accrocha le bras de sa petite sœur et toutes les deux marchèrent sous le petit parapluie. La famille pressa le pas pour trouver de quoi s’abriter. Devant elles un écureuil venait apparaître. Il semblait montrer le chemin et galopait en regardant bizarrement derrière lui pour s’assurer qu’elles le suivaient bien … Il guida la petite famille jusqu’à un énorme noyer qui baissa ses branches et rapprocha ses feuilles pour bien les protéger. Nélia grimpa dans l’arbre et fit tomber aussi dru que l’averse du moment, une pluie de noix qu’elle avait mis à l’abri pour un jour exceptionnel. Marie prit un gros caillou et cassa la première des noix et comme pour s’excuser la donna à Manon, la seconde à sa maman, la troisième elle la tendit à l’écureuil qui venait de se poser tout prêt d’elles. Celui-ci prit le fruit en faisant un clin d’œil à Marie et il se produisit ce phénomène incroyable : une branche s’inclina et fit couler de ses feuilles une petite pluie juste sur la tête à Marie qui comprit et eut un rire un peu forcé. Nélia fit une petite caresse au noyer et disparut comme elle était venue…Ce n’est pas tout les jours facile d’être une petite fée changée en écureuil.

Conte protégé

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes



Bonne fête à toutes les mamans

dimanche 20 mai 2018

Nélia et le royaume des abeilles

Nélia regardait avec beaucoup d’attention une petite famille qui se promenait sur le chemin et qui approchait. Les enfants, tout joyeux, marchaient autour de leurs parents, lorsqu'ils virent en passant devant un près couvert de fleurs une rangée de petites maisons bien à l’abri sous les arbres. Julie la plus petite du groupe s’étonna et demanda à sa maman:
« - ce sont des lutins qui habitent dans ces petites cabanes ?
- Non, lui répondit sa mère. Tu es en présence de royaumes. Ces cabanes comme tu les appelles sont des ruches. Dans chacune d’elle vivent une reine et tout un petit peuple. Ce sont des abeilles, elles sont plus précieuses que les trésors les plus importants.
- Est-ce que les abeilles ne font pas le miel ? demanda la petite Julie, qui était un peu gourmande.
- Mais oui, c'est ce bon miel couleur d’or que tu manges quelquefois et avec lequel on sucre ton lait lorsque tu as mal à la gorge et qui par magie disparaît comme envolé.
- Ce que vous ne savez pas dit le père, c’est que si vous regardez à l’intérieur des châteaux, vous pouvez voir le travail incroyable des abeilles. Il y a une magnifique cathédrale de cire dont les alvéoles sont remplies du miel le plus merveilleux et tout un petit peuple très organisé qui y vit et y travaille.
- Mais c’est comme le plus beau des contes ! dit Nicolas qui adorait les histoires ».
La petite bande ne trouva plus de mots assez forts et se mit à rêver. Ils regardèrent une dernière fois le royaume des abeilles comme préférait les appeler maintenant Julie. Leur surprise fut grande en voyant toutes les abeilles posées sur les toits des ruches qui semblaient écouter la petite famille dans un léger bourdonnement. Il y avait une magnifique abeille au milieu d’elles, c’était une reine car elle semblait porter une couronne. La petite famille s’éloigna doucement et Nélia quitta la ruche en saluant avec respect la reine qui l’avait invitée à déguster quelques gouttes de miel.


Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes


dimanche 13 mai 2018


Nélia et le lutins

Nélia avait essayé un nouveau filtre magique. Il avait très bien fonctionné. Elle était devenue un gros écureuil. Elle resterait sous cette forme durant tout l’été. Vive les courses folles dans les arbres. Il était midi et affamée Nélia voulut déguster son déjeuner caché dans un trou du gros chêne qu’elle avait comme résidence. Hélas de drôles de personnages avaient choisi son arbre pour s’installer et faire la fête. Les discussions allaient bon train. La petite fée  ne perdait pas un mot de la  conversation qui se déroulait à quelques pas.  De temps en temps  elle approchait son museau du bord de son logis, pour voir ce qu'allaient devenir les noix qu’elle avait cachées tout prés. Quelle idées avaient eu ces lutins de venir s’installer juste à côté de son garde-manger. La journée avançait, les personnages étranges furent pris d’une envie de sieste. Le vin qu’ils avaient bu y était certainement pour beaucoup et la bonne herbe du bord du ruisseau aussi. Bientôt on n’entendit plus que des ronflements. Les compères dormaient en rêvant à des blagues terribles faites aux humains. L’écureuil sortit doucement de sa cachette et tourna autour du petit groupe pour y chercher sa cachette. Hélas l’un d’eux était couché tout contre. Il voyait bien le trou qui permettait d’entrer mais elle ne pouvait à peine y passer la patte. Furieuse et affamée, curieuse aussi Nélia s’approcha.  Elle en profita pour participer au festin laissé sur l’herbe. Elle savoura  le saucisson et le jambon, n’aima pas trop le fromage puis elle courut au gros pâté en croûte, en souleva avec son museau le chapeau qui le coiffait, s’y glissa et s’en bâfra. Nélia repue grimpa dans son arbre et se cala bien confortablement au creux d’une branche et bascula dans une profonde sieste.  

Texte protégé.

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

mardi 1 mai 2018


                                                  Nélia et le chercheur de Muguet 
                            Nélia flânait dans forêt, discutant avec les arbres, selon mon habitude, quand elle aperçut un homme en bras de chemise, affolé, les yeux furetant dans tous les sens, comme s’il cherchait un trésor qu’il espérait  découvrir. Tel un lapin,  il courut comme un possédé sous les buissons à proximité. Aussi, doucement Nélia s’approcha de lui avec cette curiosité qui est devenue chez elle une seconde nature, et lui demanda ce qu'il avait. « Ce que j'ai ? fit-il en agitant la tête. J’ai vu mon épouse passer dans la rue, au bras d'un drôle de personnage, une tresse de fleurs sur la tête, il me semblait que de petites cornes dépassaient de sa chevelure bouclée ! Elle me fait payer ma distraction de ne pas lui avoir offert un brin de muguet. Elle ne me le pardonne pas ! » Le pauvre homme sans mémoire partit en courant à travers les bois. Nélia sourit gentiment, sifflota un air connu d’elle seule et le chemin du pauvre homme se couvrit d’un tapis de brins de muguet.
             Conte protégé
             Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes. 


dimanche 29 avril 2018

Nélia et la chaise du Père Louis


Nélia et la chaise du Père Louis

Dans ce tout petit village niché cœur de la campagne. Tout était calme en ce jour de printemps. Seul résonnaient les coups répétés du maillet du Père Louis. L’ébéniste était réputé et craint dans toute la région. Le bruit courait que les meubles qu’il fabriquait étaient différents des autres. Dans son atelier, il ne lui restait plus qu’une table et une chaise qu’il affectionnait tant il y avait mis tout son savoir. Il décida à regret de vendre la chaise. Nélia cherchait quelques meubles pour se faire un nid douillet. Vivre dans les nuages avait ses limites surtout depuis qu’elle avait rencontré ce jeune garçon qui lui plaisait bien. Un rossignol était venu lui chanter que le Père Louis avait peut-être ce qu’il lui fallait. Un drôle de bonhomme l’accueillit gentiment en la priant d’entrer dans son atelier.
- « Veuillez vous  asseoir, » dit-il, en lui montrant  la chaise.
Nélia prit place sur la chaise de bois et ferma les yeux. Elle entendit des gazouillis d’oiseaux, ressentit la chaleur d’un rayon de soleil et une douce brise lui caresser le visage. Au bout d’un long moment, elle sembla se réveiller et s’adressa au Père  Louis :
« Cette chaise me plait. Je t’en offre un souhait. »
« Top là ! »
Lui répondit le merveilleux ébéniste. Nélia tout sourire souffla doucement sur la chaise qui la suivi docilement. Il semblerait que depuis, lorsque le Père Louis fait un meuble, des feuilles lui poussent au printemps, des fruits apparaissent en été et il s’endort l’automne venu. Le souci parait-il sont les ronflements. Mais le Père Louis ne veut rien savoir et qui irait se disputer avec le Père Louis ?

Conte protégé

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes.


dimanche 15 avril 2018


Nélia et le vieux roi qui aimait les histoires

Nélia adorait les dimanches. En effet elle se rendait au château du vieux roi qui habitait une demeure délabrée. Un seul serviteur s’occupait de lui, presque aussi vieux que les pierres de l’antique logis. Ce roi, pas comme les autres rois ne vivait que pour vivre chaque seconde de sa vie comme si c’était la dernière. Autrefois il avait été très riche mais ce roi avait un esprit bizarre, ayant un goût très prononcé pour les contes merveilleux, peut-être même trop. On a été jusqu'à dire, qu'en certaines occasions il faisait une sorte de concours entre tous ses serviteurs et qu'il donnait une bourse d’or à ceux qui avaient fait preuve du plus d'imagination. Et ainsi il était devenu très pauvre. Nélia l’avait trouvé pleurant à chaudes larmes un jour qu’elle cherchait des champignons dans l’ancien parc. Le roi lui avoua qu’il était drogué aux contes. Et depuis, tous les dimanches matin, Nélia rendait visite au roi, partageait le repas que préparait le vieux serviteur et au dessert lui racontait une histoire lue dans son vieux grimoire. Le vieux roi se calait dans son fauteuil  tout défoncé et ses yeux brillaient comme les yeux d’un enfant qu’il était resté. Ce jour-là la petite fée raconta ce très vieux conte complètement oublié : « une fileuse de fil d'or est rattrapée par des formules magiques que lui envoie sur les ailes du vent une vieille sorcière jalouse, juste au moment où le fils du roi l'emporte sur son cheval pour l’épouser. La jeune fille est changée en nénuphar. Le prince désespéré apprend le langage des oiseaux et avec l'aide des deux autres fileuses d'or, d'un sorcier de Finlande et par des actes de magie, il délivre sa fiancée. Le mariage fut magnifique ». Et comme toujours, le vieux roi avec un grand sourire s’endormait pour une longue sieste.

Elina et Christian Luzerne Conteur de Légendes. Conte protégé





dimanche 8 avril 2018


Nélia et le secret de la Chouette

Nélia est tirée d’un profond sommeil au petit matin par un bruissement d’ailes.  Elle ouvre les yeux et voit la Chouette venue se poser sur le bord de son nuage. Nélia aime beaucoup sa visite, parfois même elle l’appelait pour lui demander des conseils. Toutes les fées savaient que la Chouette était la sagesse même, toujours attentive et bonne amie. Elle regardait bizarrement la Petite Fée. Qu’elle ne fut pas son étonnement quand la Chouette lui adressa la parole. Pour la première fois, elle lui raconta son histoire. Sache, ma Gentille Fée, que le sort ne m’a point épargnée, je me nomme Asio et je suis la seconde fille du Roi des Cimes Enneigées,. Un jour mon père, avec grande gentillesse, invita un aigle qui semblait affamé à partager notre repas, cet aigle était en réalité le Sorcier qui Fait Fondre les Glaciers. Jaloux, il était venu dans notre château de glace, refuge des oiseaux perdus, pour le faire disparaitre. Nous nous en sommes aperçus quand notre palais a commencé à fondre. Mon père l’a fait jeter dehors sans ménagement. Dans la lutte, l’aigle a perdu ses plumes et c’est un oiseau ridicule qui est parti en glissant. Il faut dire que j’ai ri comme une sotte que j’étais. Le Maléfique en a gardé sans doute de cet affront un très vif ressentiment. Par la suite il a su se glisser dans mon entourage sous le déguisement d’un rouge-gorge amaigri. Un jour que je mangeais des œufs battus en neige, il  m’a fait prendre quelque poison qui m’a transformé en cet oiseau nocturne sous la forme que vous me voyez maintenant. Nélia essuya une larme qui se transforma en perle. Depuis, lui avoua Asio, je garde les secrets de la nature et de ceux qui m’en confient. Puis l’Oiseau des Secrets soupira et s’envola vers les cimes lointaines pour rejoindre sa famille des glaciers. Nélia trouva qu’elle avait belle allure.


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Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes