dimanche 17 juin 2018

Nélia et les fraises


Nélia et les fraises

Depuis un jardin des plaintes montaient vers les nuages. Nélia s’approcha pour aider les  désespérés. Il s’agissait de fraises qui venaient d’être ramassées. Nélia se transforma en rouge- gorge et se posa sur le bord du panier. La plus bavarde des grosses fraises et la plus rouge aussi  lui raconta ce qu’il leur était arrivé : « nous étions encore accrochées à notre mère. Mes sœurs et moi avons été  promptement enlevées par une personne très adroite. Qu'allons-nous devenir maintenant ?  Hélas ! Le savons-nous?  Nous serons croquées, sans doute. J’ai entendu dire que les fraises sont bonnes crues, cuites, de toutes les façons. A moins que ce ne soient de braves gens.  Et quelques braves gens qu'ils puissent être, crois-tu petite sœur, qu'ils auront des scrupules de manger de pauvres fraises comme nous ? 
-  C'est vrai, répondis Nélia.
-  Les fraises sont faites pour être dégustées,  ajouta une autre compagne d'infortune en guise de consolation ».
 « Une bande de marmots nous fit craindre le pire, heureusement qu’une voix forte les arrêta à temps. « N’y touchez pas elles sont réservées ! 
C’est pour la fête des Pères, nous allons faire une très belle tarte pour votre père. »
Entendant cela, les fraises furent très fières, régaler un papa quel honneur.
Nélia en eut l’eau à la bouche et se rappela qu’elle avait complètement oublié de souhaiter la fête à son père le Vend Chaud du Désert.  


Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

Belle semaine en croquant la vie comme des fraises bien mûres.


dimanche 3 juin 2018

Nélia et l'enfant qui s'ennuyait


Nélia et l’enfant qui s’ennuyait

Ce jour là, un garnement qui paraissait ne pas avoir plus de 10 ans se promenait dans le village en se demandant quel coup pendable il pourrait faire. En gros, il s’ennuyait. Le gamin fit  une chose qui étonna beaucoup  ceux qui le regardaient et qui se sont moqués de lui par la suite. Le village de Nélia est traversé par un charmant petit ruisseau : le ruisseau si bien nommé « De la Petite Fée ». Ce jour-là, Séverin c’était son nom, avait ses beaux souliers  du dimanche. Sa mère pensait qu’il serait sage et qu’il pourrait enfin courir en toute  sécurité. Ça le gênait particulièrement  car il aimait par-dessus tout, courir pieds nus. Mais ses  beaux souliers  empêchaient ses pieds de respirer, comme il le disait très en colère.  Rapidement le naturel revint au galop. Et toujours, comme on le parlait dans le village,  il lui  prit dans sa tête  qu'il serait plus commode d'aller sans ses souliers. Rêvant de grands voyages sur les mers qu’il n’avait jamais vues, pour rendre son histoire plus réelle, il livra au ruisseau d'abord un soulier, puis un autre. Il les regarda naviguer et dériver le long de la rive, avec des battements de mains. Les souliers naturellement disparurent sous le pont. La légende disait que sous ce pont, il y avait un grand trou noir très profond. Soudain, on entendit un grand bruit de cascade et dans un grognement les chaussures disparurent. L’enfant crut voir deux yeux très brillants et menaçants qui semblaient lui jeter un avertissement. Terrorisé, Séverin parti au galop comme un jeune cheval fous.  Dans sa course il marcha sur du verre brisé et se blessa légèrement un orteil.  Il s’écroula dans l’herbe,  les jambes tremblantes, mouillées et froides comme la glace. Il rampa comme un gros orvet blessé. Nélia qui passait le regarda venir avec surprise et s’approcha. L’enfant pleurait à chaude larmes. Nélia regarda vers le trou sous le pont et fronça les sourcils. On entendit alors un gros remue ménage et deux chaussures trempées atterrirent près du gamin. La petite fée prit le pied blessé et souffla sur la blessure qui guérit comme par magie. Puis prenant le garnement par la main, elle le reconduisit chez ses parents pour leur expliquer la mésaventure du gamin et surtout lui éviter une antique fessée.

Conte protégé

Elina et Christian LUZERNE Conteur de Légendes