dimanche 9 décembre 2018

La nuit de Noël.


Les voyages du Conteur de Légendes.

La nuit de Noël.

On voit encore, pas très loin d’ici, quelques débris d'un vieux château-fort, dit « le Château des fées » entouré d'un marécage. Ce manoir renfermerait un trésor caché dans une grotte, dont la porte s'ouvre pendant la nuit de Noël, au premier coup de minuit, pour se refermer sitôt le douzième coup sonné. On voit parfois pendant cette même nuit, une procession vêtue de blanc, faire le tour des ruines. La légende rapporte que certaines personnes ayant voulu fouiller à l'endroit où le trésor aurait été déposé, parvinrent à une grille qu'elles ne purent ouvrir, parce que le travail fait pendant le jour, se trouvait bizarrement défait pendant la nuit. Ce qui est certain, c'est qu'il y a environ un demi-siècle, des savants arrivèrent au château pour y trouver ce trésor déposé, disait une vieille charte, à une certaine distance d'un gros chêne. L'arbre avait disparu depuis longtemps et leurs recherches restèrent infructueuses.

Si le cœur vous en dit, vous pourrez chercher le trésor de la nuit de Noël…



dimanche 2 décembre 2018

Le laboureur et le manteau magique


Les voyages du Conteur de Légendes

Histoires oubliées.

Le laboureur et le manteau magique

L’heure était aux labours, soudain le soc de la charrue rencontra semblait-il une grosse pierre.  Le laboureur jura entre ses dents serrées, essuya la sueur de son front et voulu dégager la charrue. Un objet apparaissait, remettant son chapeau sur sa tête, il enleva facilement le coffre, l'emporta à l'écart, le brisa, prit le tissus  qui s'y trouvait. Une cape qui semblait très commune mais qui semblait-il au vu du parchemin qui l’accompagnait avait certains pouvoirs. Le paysan décida d’aller tester son vêtement en ville.
En ville, il entendit trois hommes qui causaient ensemble du trésor du roi. Ils disaient qu'ils trouvaient le roi bien mal avisé de mettre des soldats de garde près de la tour qui renfermait son trésor, puisqu'on ne voyait ni portes ni fenêtres à cette tour et que les murs en étaient tellement épais et solides qu'il était impossible d'y pratiquer la moindre ouverture.
 C'est fort bien, se dit le laboureur, je sais, à présent, où est le trésor du roi. Puis s'adressant aux trois hommes :
— Ainsi, vous pensez qu'il est impossible de voler le trésor du roi. ?
 —Pour cela oui, répondirent-ils
— Eh ! bien, moi je ne le crois pas pensa-t-il.
Et il s'éloigna là-dessus. La nuit venue, il se rendit au pied de la tour, et, ayant étendu son manteau magique sur le sol pavé, il s'assit dessus, se coiffa de son chapeau et dit alors :
 — Manteau, fais ton devoir et transporte-moi, sur-le-champ, dans la salle du trésor du roi. Ce qui fut fait aussitôt, sans que les gardes ni nul autre ne s’aperçoivent de rien. Il sortit de la même manière, en emportant plein ses poches d'or et d'argent. Le lendemain et le surlendemain et toutes les nuits ensuite, il revint à la charge, et toujours avec le même succès. Devenu riche subitement, il s’acheta un magnifique palais et épousa une jolie princesse.



jeudi 29 novembre 2018

Âmes des Disparus


Les voyages du Conteur de Légendes


Âmes des Disparus

Pendant les douze jours de Noël aux Rois, sans qu'il y ait d'apparition, on croit que l'esprit des ancêtres vient visiter les enfants et leur inspirer les résolutions qu'ils prennent.
Dans la vallée de l'Andelle et dans celle de la Seine, qui bornent le plateau de Boos et de la Neuville, depuis Fleury-sur-Andelle jusqu'au Pont-de-l'Arche, il y avait, naguère, une coutume encore très-répandue : le soir de la Toussaint, quand on avait fini de souper, on servait un nouveau souper, de la soupe dans les assiettes et du cidre dans les verres, puis on se retirait en ouvrant les fenêtres et à minuit, lorsque commençait le Jour des morts, les âmes des parents défunts étaient censées venir prendre part au repas de famille. Cette pratique touchante nous ramène aux époques si anciennes où l'on croyait que les âmes des morts erraient dans l'air et se ranimaient comme celle de Tirésias, quand Ulysse lui fit boire le sang du bélier noir. Hélas que n'en est-il ainsi ! Que ne pouvons-nous évoquer les êtres que nous avons chéris et converser avec eux, ne fût-ce qu'une minute par an !


mercredi 28 novembre 2018

Sacrifice d'un Coq




Les voyages du Conteur de Légendes


Régulièrement je ferai paraître d'anciennes traditions et histoires oubliées, bizarres où le merveilleux y trouve place. Aujourd'hui ...


Sacrifice d'un Coq.

De peur de mourir dans l'année, un paysan de la Neuville n'aurait pas  consenti à habiter une maison neuve, si préalablement on n'avait égorgé un coq en faisant couler quelques gouttes de son sang sur le seuil. On venait à cette époque de bâtir une nouvelle mairie, et personne ne s'y voulait marier, tant on craignait qu'il n'arrivât malheur au ménage. Pour vaincre cette répugnance, le maire, homme éclairé et peu enclin à la superstition, fut obligé de fermer les yeux et de laisser opérer, comme à son insu, le sacrifice du coq pour consacrer l'édifice. Je dis sacrifice, car c'était visiblement la tradition inconsciente d'un sacrifice à quelque divinité oubliée depuis treize ou quatorze siècles.




dimanche 4 novembre 2018

Le Loup et le Renard




Les voyages du Conteur de Légendes.

Contes oubliés à la saveur d'autrefois. 

Le Loup et le Renard.

Un loup maigre comme cent clous de sabot causait avec un renard rondelet comme la boule du jeu de quilles, et à fourrure brillante comme la luciole
après le coucher du soleil.
— Adieu Loup.
— Adieu Renard.
— Il faut m'avouer que tu as de la chance !
— Et quelle chance par hasard?
— Comme tu es gras !
— Comme tu es maigre !
— En effet ce que l'on voit de ses propres yeux ne peut se nier. Et toi, où prends-tu cet embonpoint ?
— Au battant de la cloche, répartit le renard.
— Au battant de la cloche ! Il serait fort curieux d'être mis au courant d'une semblable recette.
— Tu pourras l'essayer, Loup, si le cœur t'en dit.
J'attache ma queue avec un nœud coulant au battant de la cloche et plus je tire plus je deviens grassouillet.
— Ce n'est pas très compliqué.
— Je ne veux pas bouger d'un pas si ce que je t'assure n'est pas la vérité claire et nette.
Le loup sur ces mots quitta le renard.
Il attacha sa queue au battant de la cloche et tira de toutes ses forces. Il tira si bien que son appendice caudal resta enroulé au battant et projeté au loin, voilà notre loup écourté comme le lièvre de la grotte. Les miroirs n'étaient pas inventés heureusement. Comme il aurait été confus ! Il se serait brisé la tête plutôt que de survivre à un malheur semblable.

Belle semaine pleine de déclamations.

dimanche 28 octobre 2018

Diabolique vous avez dit ?


Les voyages du Conteur de Légendes.

Diabolique vous avez dit ?

A la Toussaint 1875, un bruit courut sur un événement merveilleux qui devait avoir eu lieu dans une salle de danse, « au Vignoble », située dans le
Faubourg. Il mit en mouvement toute la ville. Je n'entendis parler du fait que quinze jours après le mardi gras à un souper qui suivit une conférence et où un personnage de marque, occupant, une haute situation rappela le fait comme un exemple de la crédulité inconcevable de certains. Huit jours après, notre voisine nous rapporta le même fait qu'elle avait entendu raconter dans le voisinage, et, le même jour, elle revint à la maison encore toute émue par le récit qui lui avait été fait de cet événement dans la famille de son frère. L'affaire était devenue le sujet de toutes les conversations dans les auberges et dans les magasins. Une jeune femme n'avait pu résister et était allée danser au «  Vignoble ».  Vers minuit, elle vit venir à elle un étranger élégamment vêtu, avec des cheveux noirs et des yeux de feu, noirs comme du charbon, qui l'invita à une valse. Elle se laissa aller au plaisir de s'appuyer sur son bras, il dansait avec une grâce parfaite, mais de plus en plus vite. Bientôt les autres danseurs s'arrêtèrent pour regarder ce couple qui continuait  toujours à tourner. L'orchestre était placé sur une tribune. L'un des musiciens fixa avec plus d'attention le couple dansant, et il remarqua que l'étranger avait le pied fourchu ! Il y rendit attentifs ses camarades. L'heure de minuit sonnait. Alors le danseur attira à lui plus fortement sa danseuse, et, dans un furieux tourbillon, il passa avec elle à l'autre bout de la salle, et traversa la fenêtre dont les carreaux brisés la couvraient encore quand on la trouva dans le jardin tout endolorie, couchée sur l'herbe verte. Le diable avait disparu.

Je n’ai pas pu résister …. Belle semaine pleine de douces frayeurs.



samedi 20 octobre 2018

’ENFANT BLEU ET LE PRESSOIR DE PETITE-HETTANGE

L’ENFANT BLEU ET LE PRESSOIR DE PETITE-HETTANGE

Les voyages du Conteur de Légendes.

Le raisin attendait à être pressé. Louis, jeune garnement du lieu avait pensé rendre service aux vignerons de du village. Il avait sauté dans le pressoir et avait voulu fouler le raisin, à l’ancienne, comme il l’avait entendu raconter par son grand père le soir à la veillée. Ce qu’il ne se doutait pas était que le pressoir vieux de plusieurs centaines d’années gardait en mémoire le temps passé et avait acquis une certaine idée de lui-même. Ainsi quand le gamin sauta sur les grappes, les pieds pas très propres, il en fut vexé. Il lui fit perdre l’équilibre et le gamin tomba de tout son long dans l’épais jus de raisin. Il fut teinté de bleu et hurla en appelant au secours. Plusieurs mains calleuses de vignerons hilares l’attrapèrent et le sortirent de sa fâcheuse situation en lui faisant la leçon. De sa maison Edwige sa maman comprit immédiatement la situation. Elle prit une cuvette et mena le gamin au lavoir du village. Elle plongea sa grande éponge dans une belle eau claire, elle s'apprêta à lui laver la figure et les mains. Louis, encore tout penaud des reproches qu'il venait de s'attirer, s'était d'abord laissé faire sans résistance. Mais quand il sentit l'eau froide qui lui entrait dans le nez et dans les oreilles, il commença à rouspéter, et se sauva à l'autre bout de la rue, en criant : " Oh ! C’est trop froid ! Je ne veux pas qu'on me mouille comme cela". Sa mère l'eut bientôt rattrapé, et, en dépit de ses trépignements elle promena de nouveau l'éponge sur sa figure. Mais le fatal esprit du pressoir entendit l’enfant et opérait déjà. L'eau obéissait à ses ordres. Pour éviter de le mouiller, l’eau se jetait à droite et à gauche hors de la cuvette, et se sauvait de l'éponge qui revenait toujours à sec, si bien qu'il fallut y renoncer. La place était pleine d'eau, et le visage du petit garçon, à moitié lavé, n'en avait plus reçu une goutte. La pauvre mère, bien désolée, se jeta de guerre lasse sur un banc tout proche, en secouant sa robe toute mouillée. " Allons, se dit telle, peignons-le, au moins, il ne sera plus tout à fait si sale". Et disant cela, elle l'attira sur ses genoux, et se mit à passer son beau peigne d'or dans les cheveux du petit garçon. Bientôt le peigne rencontra une des brindilles autour de laquelle cinq ou six cheveux s'étaient entortillés. "Oh ! Cela me fait mal, qu'on me laisse tranquille avec ce peigne ! " Cria Louis. Le pressoir l’entendit et aussitôt voilà les dents du peigne qui se couchent en arrière, et refusent d'entrer dans les cheveux. Les vignerons se roulaient sur le sol de rire et parait-il que même le pressoir craquait de tout son bois et grinçait dans ce qui ressemblait à une moquerie. Louis resta tout bleu. La punition dura jusqu’à ce que le vin fût mis en barrique. On peut encore voir ce pressoir dans le village, mais il est conseillé de ne pas s’en approcher …

Conte protégé

Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

Un conte de circonstance assez long mais comme les jours raccourcissent, ça compense .... Excellent weekend