dimanche 17 mars 2019

Les deux étranges personnages


LES VOYAGES DU CONTEUR DE LÉGENDES

Les deux étranges personnages

En cet après-midi, j’étais parti confiant et sûr de moi. Mes pas m’avaient conduits sur un chemin forestier. Soudain un doute ,  il se trouva que je m’étais perdu. Une inquiétude qui allait en grandissant commença à m’envahir. Je dus tourner en rond de longues minutes mais je ne sais comment, j’atteignis le but de mon voyage. Je cherchais un rocher pour l’avoir souvent visité autrefois en rêvant à ses légendes et à sa magie. Je n’étais pas seul, ça me rassurait un peu. Un homme très âgé se tenait à quelques pas de la roche,  accompagné d’un grand chien noir. Je  ne pus m'empêcher de remarquer la figure du vieillard, une grande barbe et quelques mèches de cheveux blancs, semblaient briller au soleil. Il me semblait qu’il parlait  à son compagnon.  Je m’approchais doucement et je me permis de lui dire bonjour. Le vieillard ne répondit pas. Son compagnon à quatre pattes me détailla de la tête aux pieds puis continua à regarder le rocher. A ce moment, troublé je compris que c’était à la pierre que le vieillard s’adressait, l'œil fixé sur le granit  qui semblait scintiller. Le visage pâle, l'air calme,  il semblait se recueillir. Je me sentais de trop. Je regardais une dernière fois ces deux étranges personnages.  Le gros chien noir avait pris une expression étrange, pendant un moment, j’aurais juré qu’il souriait. La forêt semblait apaisée. Je suis reparti sur la pointe des pieds.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes Conte protégé.

Belle semaine à faire d’étranges rencontres.


dimanche 10 mars 2019

L'hirondelle et le gitan


Les voyages du Conteur de Légendes.

L’hirondelle et le gitan

Je fus réveillé au petit matin par un bruissement d’ailes. Je somnolais encore quand je vis une hirondelle venir se poser sur le bord de la fenêtre restée ouverte de la chambre que j’occupais pour une nuit dans cette très ancienne demeure du Jura. Elle me regardait bizarrement, elle s’avança tranquillement. Je failli tomber du lit  quand elle m’adressa la parole. Perchée sur la table de nuit,  elle me raconta son histoire. Sache étranger que je n’ai pas toujours été ainsi.  Mon père était propriétaire de ce logis. Un jour, il invita pour nous distraire un gitan,  diseur de bonne aventure qui était venu frapper à notre porte. Le fils du vent tomba immédiatement amoureux de moi. Il demanda aussitôt ma main à mon père et me proposa de m’emmener sur le champ dans sa roulotte et de voyager à travers le monde. Mon père l’a très mal pris et l’a fait jeter dehors sans ménagement. Il faut dire que j’ai ri alors comme la sotte que j’étais. Le magicien a gardé de cet affront un très vif ressentiment. Par la suite il a su se glisser dans mon entourage et m’a fait certainement prendre un breuvage qui m’a transformé en cet oiseau sous la forme que vous me voyez maintenant.. Depuis  lors, bien des saisons ont passé. Ma vie s'écoule à voyager de pays en pays. Puis l’hirondelle s’élança et pris son envol, tournoya un moment et disparu dans les nuages. Il ne restait sur la table de nuit qu’une plume que je glissais dans mon livre. Il me sembla alors entendre le bruit d’une roulotte qui s’éloignait tirée par un cheval. Mais je devais surement avoir rêvé.  

Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

Belle semaine à prendre son envol.


dimanche 3 mars 2019

La magie du village

Les voyages du Conteur de Légendes

La magie du village

Assis sur un banc après une longue marche, je fus un peu surpris quand une vieille dame vint partager mon lieu de repos, elle semblait ronronner, mais j’étais fatigué et j’ai certainement rêvé. La conversation s’engagea rapidement. J’avais affaire à une bavarde qui rapidement me passionna. Elle discutait des histoires passées de sa commune et puis, elle me parla d’elle-même. Il faut que je vous raconte me dit-elle…
Savez vous, qu’un jour notre famille s’arrêta dans ce village ? Je ne sais pas d’où on venait, j’étais toute jeune alors. Elle sourit en ajoutant :
Nous avons marché, marché, jusqu’à ce que la fatigue nous morde aux mollets et la faim nous torde l’estomac. Déjà, on commençait à se désespérer lorsque, un matin, le village apparut. On s’approchait de la maison la plus modeste, les tuiles brillaient au soleil comme autant de diamants. A l’instant où papa allait gratter à la porte, elle s'ouvrit. Une multitude de chiens et de chats, comme un appel, sortaient des buissons aux alentours et sans se faire répéter l'invitation, ils entraient en se bousculant. Je passais entre les jambes de papa qui restait indécis, se demandant s'il devait les imiter, moi je suivis deux jeunes chatons. Maman restée en retrait entendit parait-il :
« D'où sors-tu donc pauvre petite chatte ? Viens donc !». Nous sommes tous entrés à la queue leu leu comme on le disait autrefois.
La vieille dame me regarda, se leva, me dit qu'il était l'heure de son bol de lait tiède et dans un merveilleux sourire me confia qu’ils n’étaient jamais repartis. Un chaton me passa entre les jambes et j’aurai juré l’entendre rire.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes – texte protégé.

Belle semaine à ronronner .

samedi 2 mars 2019

Le jeune couple mystérieux


LES VOYAGES DU CONTEUR DE LÉGENDES

Le jeune couple mystérieux

Deux heures sonnaient au clocher de la petite église de mon village. J’étais parti faire ma promenade journalière. Le ciel, d’un bleu profond, laissait le soleil inonder mon visage. Mon chapeau de paille un peu juste vissé sur ma tête, je choisi un arbre bien feuillu et je me mis à son ombre avec l’envie d’y faire une belle sieste.  La chaleur était accablante. Fatigué, j'éprouvais un invincible besoin de repos. Un demi-sommeil commençait à me gagner lorsqu’un bruit voix me tira de l'engourdissement où j'étais plongé. Un couple s’avançait, lui, un homme d'une trentaine d'années, le visage grave, il tenait un panier recouvert d’une jolie serviette à carreaux. Semblant s’appuyer sur son bras,  une jeune femme très belle, un bouquet de violettes à la main  semblait préoccupée. Ils étaient richement habillés mais à mon avis bien trop chaudement pour l’époque. Sans sembler être le moins du monde incommodés par la chaleur, ils s’éloignèrent dans la prairie toute proche. La jeune femme déposa avec beaucoup de soin d’appétissantes victuailles sur une nappe finement brodée. Assis l’un contre l’autre sur une souche d’arbre, ils déjeunèrent sans se dire un mot me semblait-t-il. Je m’endormis.  Je fus tiré de ma sieste par une mouche  trop curieuse. En voulant la chasser, je m’aperçus que j’avais un bouquet de violettes dans ma main. Plus de trace du jeune couple.  Je me levais péniblement et curieux, je voulais voir de plus près l’endroit qui m’intriguait et où il me semblait que les deux voyageurs s’étaient installés pour déjeuner. Enfin c’est ce qu’il me sembla car je ne retrouvais dans l’herbe en tout et pour tout que quelques fleurs qui n’avaient pas été cueillies. Je posais le bouquet de violettes sur la souche et je m’éloignais  en me retournant plusieurs fois.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes conte protégé.

dimanche 17 février 2019

Le repas du dimanche


Les voyages du conteur de légendes

Le repas du dimanche

Je me promenais dans un village pas si éloigné de chez moi quand, trop  curieux je m‘approchais d’une fenêtre restée ouverte d’où s’échappait un fumet à damner un saint comme on le dit chez moi. Ils étaient cinq, le père, la mère et trois enfants. Midi sonnait au clocher du village, le soleil comme mon regard curieux entrait par la fenêtre. Une famille était réunie autour d'une vaste soupière d'où montaient jusqu'aux solives brunes du plafond des nuages chargés de la bonne odeur, d’un amoncellement de choux, de pommes de terre et  de haricots. Tous restaient silencieux, chacun patientant en salivant. La maman, une petite dame très brune, le père moustachu et très silencieux et les enfants affamés les yeux brillants de plaisir. Le père sorti un couteau de sa poche et coupa une tomate magnifiquement rouge, on l’aurait dit  cuite et recuite par le soleil de leur potager.  Il la donna à la toute petite qui gloussait de plaisir. Puis il prit une miche de pain lourde comme une pierre, et commença à en couper des tranches épaisses comme sa main d’ouvrier tailleur de pierres. Il prit la cruche et  se servit un grand verre de vin, puis un autre, il en profitait, c’était jour de repos. Au bout de la table surement la grand-mère prit la tranche de pain, en émietta quelques pincées. Un oiseau passa près de moi, entra par la fenêtre, siffla une magnifique mélodie et mangea avec bon appétit. La famille le salua avec respect, il s’inclina. Puis comme un signal la famille commença à manger d’excellent appétit.  Je repartis sur la pointe des pieds.

Texte déposé

Christian Luzerne Conteur de Légendes  


dimanche 10 février 2019

Le peintre cygne


LES BALADES DU CONTEUR DE LÉGENDES

Le peintre  cygne

Mes pas m’avaient conduit le long de la Moselle, le temps était magnifique et les couleurs sublimes. Un peintre, comme on se l’imagine qu’il devait-être il y a cent ans était occupé à terminer sa toile.  Il peignait des cygnes qui nichaient pas loin et se servait de plumes blanches. Intrigué je m'assis sur une pierre, attendant l'occasion de lui dire deux mots sans m'impatienter. Peu à peu, il apporta les dernières touches. Tout près de lui, un jeune enfant aux cheveux blancs comme la neige s’amusait et  trempait le bout de petites plumes dans la peinture après quoi il les faisait sécher au soleil. Puis le peintre siffla un air d’une grande douceur. Les cygnes aux alentours s’approchèrent doucement, l’un d’entre eux sorti de l’eau et s’approcha de la toile en inclinant la tête, il s’arrêta pour l'examiner plus à son aise. Puis se tournant vers moi, il me scruta de la tête aux pieds. Ah ! Quelle moquerie je crus percevoir dans le regard qu’il jeta sur les différentes parties de ma personne. Tranquillement, sortant de l’eau, des centaines d'autres sont venus le rejoindre pour admirer la toile. Puis, tout naturellement tous sont repartis vers la Moselle et se sont éloignés, sans se presser. Je cherchais du regard le peintre et le jeune garçon, ils avaient disparu, il ne restait que le chevalet et quelques plumes blanches tâchées de peinture. Je me suis senti tout bête et sans demander mon reste j’ai continué ma promenade en allongeant le pas.

Texte déposé

Christian LUZERNE Conteur de Légendes.