dimanche 7 mai 2017

Le médaillon
Un jour que je me promenais dans une rue commerçante, je remarquais une petite boutique de cadeaux. Curieux, je poussais la porte et une vielle dame s’approcha immédiatement. Elle me salua avec une certaine cérémonie. Je répondis par un « bonjour Madame » respectueux. Elle me reprit aussitôt : « Mademoiselle, ça vous étonne ? ». Un peu embarrassé je murmurais impressionné « non, enfin je ne sais pas … » La marchande ouvrit délicatement un tiroir, et y prit un écrin qui renfermait, un médaillon représentant une jeune femme en toilette, une simple robe à la mode d‘autrefois, sur ses cheveux arrangés en chignon, une petite rose blanche. C'était tout.   Toujours curieux, j’osais  demander qui était-ce ? « C'est moi, dit-elle, c'est moi  il y a long temps. Croyez vous qu’on ait eu pour moi un fol amour ? » Je regardais tour à tour le portrait et la vieille dame qui me faisait face. Je retrouvais, en effet, tous les traits de ce fin et frais visage. Comment se fait-il donc que vous soyez restée seule ? » Elle poussa un gros soupir. « Mon ami, c'est de ma faute. J'ai vu défiler à mes pieds un flot d'amoureux, pendant bien des années, j'ai fait la coquette avec des hommes souvent sincères, riches, titrés. Ils se disputaient un regard que je prenais toujours soin de voiler de mes longs cheveux et se réjouissaient ou se  désolaient d’un sourire ou d’une moue. Je m'amusais à ce jeu comme une enfant et je me disais à  quoi bon ? Il sera toujours temps d'en finir quand je le voudrai. Je croyais rêver. Pour ma part, Il me semblait qu'elle voulait me faire une plaisanterie. Je reportais mon attention vers le médaillon puis vers la veille dame, embarrassé. Comme je gardais le silence, attristé par l'histoire de cette vie manquée  pour n’avoir pas su choisir, elle me tendit le médaillon et dans un sourire plein de sous entendus elle ajouta « tenez je vous l’offre ». Puis elle m’ouvrit la porte. Je partis sans un mot en pressant le médaillon dans ma main. Un peu plus tard, je m’arrêtais et le sorti de ma poche. A la place du portrait de la jeune femme il y avait un groupe de jeunes hommes moustachus aux sourcils froncés.  On ne gagne rien à se jeter en travers les plans d'un amoureux alors vous pensez de plusieurs ….

Texte déposé.
Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

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