dimanche 16 avril 2017

LES VOYAGES DU CONTEUR DE LEGENDES

Suite … La vieille maison

… Un chat, qui faisait son ronron auprès de la cheminée, fort surpris de mon intrusion sauta en renversant les pelles et les pincettes et causa une telle frayeur à la jeune femme assise sur un confortable fauteuil qu'elle  poussa des cris de frayeurs. Moi-même je criais bêtement pour me donner une contenance. Puis ce fut une vieille femme qui accourut. La bonne dame n'en revenait pas. Par précaution je me tenais immobile.  Or, voilà que, tout d'un coup, les cloches se mirent à sonner à toute volée. « Étaient-elles donc déjà rentrées bonne mère Pascale ? » dit la plus jeune. Les deux femmes se précipitèrent vers l’armoire un peu cachée dans l’ombre. Impossible d’en ouvrir la porte. La clé résistait, décidément cette maison était bien capricieuse. La bonne mère Pascale se tourna vers moi et sans façon m’ordonna  de l’ouvrir. Sa jeune compagne se leva d’un bond, les mains dans les cheveux, elle cria : « ouvrez-la ! ».  La jeune femme était si catégorique, elle se montrait si agitée, si désolée, qu'il me fallut bien consentir à m’avancer vers l’armoire. D’ailleurs une armoire bizarre,  toute décorée d’œufs de toutes les couleurs et de lapins très sérieux. Mais qu’importe, l’heure n’était plus à la promenade. Je me mis  face de la porte qui défiait les efforts de la vielle dame. J’osais, elle résistait.  « C'est une serrure de sûreté, madame » que je reconnus après un rapide examen. « Qu'importe! Ouvrez-la tout de même: vous avez carte blanche », fit bonne dame Pascale. « Mais il faut la briser ! Brisez-la!  Ah I c'est vraiment dommage, une si jolie serrure! » La jeune femme frappa du pied ! Près de la cheminée se trouvait un pic à bois, je le saisis et frappait un coup sec. La serrure céda et la porte s’ouvrit brutalement en grand. Et je fus bousculé par une chose pleine de poils qui détala en courant par la porte laissée ouverte. Juste avant qu’il ne disparaisse je crus reconnaître un gros lapin, une hotte sur le dos et  qui semblait bien pressé. Quand je me retournais, les deux femmes étaient assises à la grande table et le plus sérieusement du monde  peignaient des œufs de toutes les couleurs. Je semblais ne plus exister. Je retournais chez moi et je dois vous avouer que je n’ai jamais retrouvé la chaumière.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes

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