dimanche 15 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite …

L’âme libérée du château.

Je fus réveillé au petit matin par un bruissement d’ailes.  J’ouvrais les yeux quand je vis la chouette revenue se poser sur le bord de la fenêtre. Elle me regardait bizarrement. Qu’elle ne fut pas mon étonnement quand elle m’adressa la parole. Elle me raconta son histoire. Sache étranger que le sort ne m’a point épargnée, je me nomme Elina et je suis la seconde fille du seigneur de Mensberg. Un jour il invita un troubadour qui était en réalité un enchanteur. Il tomba amoureux de moi et demanda ma main à mon père. Mon père l’a très mal pris et l’a fait jeter dehors. Il faut dire que j’ai ri comme une sotte que j’étais. L’enchanteur en a gardé sans doute de cet affront un très vif ressentiment. Par la suite il a su se glisser dans mon entourage sous le déguisement d’un valet et un jour que j’avais demandé des rafraichissements  m’a fait prendre un breuvage qui m’a transformé en cet oiseau nocturne sous la forme que vous me voyez maintenant. Avant de s’éloigner il me cria que je resterai ainsi sans jamais sortir à la lumière du jour.  Ce sera ma vengeance contre ton orgueilleux père et contre toi petite sotte. Depuis  lors, bien des semaines ont passé. Ma vie s'écoule triste et solitaire entre ces murs. La lumière du soleil m’aveugle et seule la nuit m’est douce et accueillante….
A suivre ….


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

samedi 7 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

L’âme du château.

En ce jour, après une trop longue marche,  j’aperçus des ruines dans une vallée au-dessous de moi. Je me suis dit que c'était là sans doute un endroit qui pourrait peut-être m’abriter. La nuit ne tarderait pas à tomber et comme personne ne m’attendait, je décidais de me diriger de ce côté. Le lieu que j’avais choisi pour m'y reposer paraissait être un très ancien magnifique château. D’élégantes colonnes se dressaient encore çà et là au milieu des décombres, et quelques appartements, assez bien conservés témoignaient des splendeurs passées de cette demeure. Je cherchais un lieu qui pourrait m’offrir un relatif confort pour la nuit quand j’entendis un véritable sanglot. Il semblait sortir d'une poitrine non pas humaine, enfin c’est ce qui me paraissait, mais plutôt, disons, de celle d'un animal. Je pris la direction d'où venait la plainte et je m’engageais sans trop hésiter dans un long couloir très sombre. Je me retrouvais bien vite devant une très belle porte sculptée qui était entrebâillée, et derrière laquelle venaient ces tristes plaintes. Je la poussais et restais pris d'étonnement sur le seuil. Dans une chambre délabrée, qu'éclairait mal une fenêtre, je vis, posée à même le sol, une grande chouette prisonnière dans une sorte de filet abandonné là, depuis des lustres. Elle avait de grosses larmes qui remplissaient ses grands yeux ronds, et son bec recourbé laissait échapper des sons inarticulés avec une voix enrouée et épuisée. Quand elle me vit, elle s’immobilisa et me fixa. Je m’approchais doucement, et délicatement je la libérais de son piège. Dès qu’elle retrouva sa liberté, elle jeta un cri strident qui me semblait être de joie. Elle s'essuya délicatement les yeux avec ses grandes ailes bordées de roux. Puis elle s’approcha de la fenêtre ouverte sur la forêt, se tourna vers moi et à mon grand étonnement s’inclina dans une profonde révérence, comme on devait le faire autre fois, du temps de la splendeur du château. Elle prit son envole dans la nuit déjà bien avancée. Le château bienveillant, semblait m’inviter à m’installer, ce que je fis.  


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

Une nouvelle aventure  !!!

samedi 30 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes
Il cherchait son trésor
Assis sur un banc après une longue marche, je fus un peu surpris quand une vieille dame  vint partager mon lieu de repos. La conversation s’engagea rapidement. J’avais affaire à une bavarde qui rapidement me passionna. Elle discutait des histoires passées de sa commune et puis, elle me parla d’elle-même.
- « Savez vous, me dit-elle qu’un jour mon papa s’arrêta dans ce village ? Il faut que je vous raconte. On ne sait pas d’où il venait, et il ne l’a jamais dit, même à moi, sa fille préféré. ». Elle sourit en ajoutant :
-« je suis restée fille unique. Tout ce qu’on a appris, c’est que tout enfant, il avait marché pendant deux journées complètes. Il allait tout droit devant lui, sans s’inquiéter du lieu où il arriverait puisqu'il cherchait semble-t-il fortune. Ainsi, lorsqu'il apercevait quelque morceau de verre étincelant au soleil, il le ramassait avec la conviction d'avoir mis la main sur un diamant de belle taille. Quand il voyait à l'horizon une petite forêt, il se précipitait, croyant faire son entrée dans une contrée merveilleuse. Finalement, ce petit homme avait senti la fatigue le mordre aux mollets et la faim lui tordre l’estomac. Durant deux jours, il avait  marché sans avoir découvert la fortune ni rencontré aucune fée et surtout, sans avoir rien eu à se mettre sous la dent, hormis les quelques fruits cueillis aux arbres du chemin. Déjà, il commençait à se désespérer lorsque, le matin du troisième jour, le village apparut. Il s’approchait de la maison la plus modeste dont les tuiles brillaient au soleil comme autant de diamants. A l’instant où il allait frapper à la porte, elle s'ouvrit. Une multitude de chiens et de chats  sortaient  de nulle part et sans se faire répéter l'invitation, ils entaient en se bousculant. Le gamin restait un moment indécis, se demandant s'il devait les imiter, puis il se décida à suivre deux jeunes chatons qui, à en juger d'après leur empressement, étaient sans doute des hôtes habituels du logis. Quelqu’un qui passait entendit parait-il :
- D'où sors-tu donc pauvre enfant ? Entre donc !».
 La vieille dame me regarda, se leva et avant de partir, dans un merveilleux sourire me confia que son papa n’était jamais reparti.  

Christian LUZERNE Conteur de Légendes – texte protégé.

dimanche 24 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Le héron qui parlait

Un héron, planté entre les grandes herbes donnait la chasse aux grenouilles. Il avait terminé sans doute son repas, car il avait commencé un bout de toilette tout en s’approchant des pêcheurs qui taquinaient le goujon.
Au nombre de trois, ils étaient abîmés dans la contemplation de leurs bouchons qui  demeuraient étrangement immobiles.
Ils sursautèrent très étonnés quand le héron s’adressa à eux :
 D’une douce voix il leur dit :
- « Bonjour, comme vous êtes matinaux  aujourd'hui ! La pêche est-elle bonne ? »
- « Bof !!!  Fit l’un des pêcheurs sans se démonter, mettant cette bizarrerie sur le compte de petits rhums qui devaient les réchauffer »
Le héron poursuivit avec malice :
- « Accepteriez-vous un quartier de lézard ou une cuisse de grenouille ? »
Les pécheurs en furent encore plus surpris et l’un d’eux, le plus  grognon, lui répliqua:
- « Merci bien, nous n’avons pas faim. »
Et le héron s’élança dans une série de sautillements qui ressemblaient à une danse.
Sa gaieté se communiqua aux pêcheurs et ils se mirent à rire de bon cœur, oubliant la bizarrerie de la situation.
Ils le virent se dresser sur une seule patte et battre des ailes avec frénésie. Ils éclatèrent d'un rire impossible à contenir plus longtemps. L’un des  pêcheurs, celui à la grosse moustache  fut le premier à retrouver son sérieux et sembla oublier le volatile.
Alors le héron s’envola sans plus s’occuper d’eux.
- «  Voilà une scène à laquelle, je n'aurais pas voulu manquer pour tout l'or du monde, s'écria-il. C'est dommage que ce héron soit aussi susceptible. Il aurait peut-être  chanté. »
Et très sérieux, ils reportèrent leurs regards sur les bouchons qui demeuraient étrangement immobiles.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé. 

vendredi 22 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Vieilles paroles retrouvées
La puissance de l'œil sur les divers animaux carnassiers : lions, panthères, etc., qui, après quelque temps de lutte, fuyaient ce regard en se retirant au plus profond de leur tanière. Et, de nos jours, une jeune dame que nous connaissons, oblige, par son regard, le grand lion à se coucher et à ramper devant elle dans un état d'humble soumission.
Le loup perd sa férocité s'il est vu par l'homme avant de voir celui-ci.

En Sologne, lorsqu'un serpent atteint l'âge de sept ans sans avoir été vu de personne, il lui pousse des ailes.

mercredi 20 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Vieilles paroles retrouvées
Un officier anglais se trouva, sans arme à feu, en face d'un tigre dans l'Inde, ayant entendu dire que le tigre est quelquefois tenu en échec par le regard, il le fixa. En peu d'instants, l'animal qui s'apprêtait à bondir s'écarta un peu et chercha à saisir son ennemi par derrière, mais l'officier tourna constamment en même temps que lui, celui-ci s'efforçait d'éviter son regard et, tapi dans un buisson ou se déplaçant fréquemment, il resta plus d'une heure à tâcher de saisir l'officier par surprise, découragé enfin, il quitta la place. Le lion lui-même recule et s'éloigne lorsqu'en plaine l'homme s'arrête et le regarde fixement sans abaisser les paupières.

Ce qui explique beaucoup de disparitions, belle journée à fixer son ennemi ...

Lumière de vie La fête de la lumière arrivait au milieu de l'hiver. Dans son petit coin de campagne chacun cherchait comment, à cette...