lundi 13 février 2017

LES VOYAGES DU CONTEUR DE LÉGENDES
La jeune femme qui attendait son amoureux ... fin
Toute la journée je crus avoir perdu la raison... Je ne pouvais lier ensemble deux pensées. Que m'était-il arrivé ? Que s’est-il passé pendant ces heures pleines de doux mystères ? Le soir dans mon fauteuil préféré mon chat sur les genoux, je pensais encore à cette rencontre très étrange. Bientôt pourtant mes idées se sont mélangées et ma tête m’abandonna et tomba sur ma poitrine... La fatigue du corps l'emportait sur mes préoccupations. Je m'endormis. Le lendemain, je m'occupais à faire des recherches dans le village, afin que l‘on pût au moins me mettre sur la trace des personnages. Mais je n'obtins que de vagues réponses. Les regards se détournaient. Soupçonnant je ne sais quoi, la vérité peut-être, un ancien du village fit un clin d'œil à sa femme, et tous deux se renfermèrent dans un mutisme complet. Ne me valait-il pas mieux croire m'être trouvé aux prises avec une rusée coquette du village, ayant voulu s'amuser à mes aux dépens et qui connaissait quelque passage secret ? Le soir, je rentrais découragé et passais la nuit sans trouver le sommeil... Je craignais sérieusement pour ma santé mentale. Je n’osais pas retourner dans ma cave, mon chat non plus d’ailleurs. Mais je souhaitais la revoir encore une fois. Le soir suivant, quand la nuit fut très noire, j’ouvris la porte et je mis le pied sur la première marche, le plus dure était fait. La cave était vide et sinistre. Je m’écroulais dans le fauteuil qui gémit dangereusement et, j’entendis quelque chose de lourd tomber, certainement retenu par les sangles du siège. Je me baissais. Une sueur froide inonda mon front... c'était un petit coffret tout simple. Je le pris délicatement entre mes mains comme un fragile trésor. Tremblant je soulevais avec précaution le petit couvercle. A l’intérieur, sur un lit de soie, une alliance avec un ruban au bout duquel se trouvait un petit rouleau de papier. J’allais le prendre curieux quand je sentis une présence, sa présence. Elle était là, les sourcils froncés et me désignait le papier. Je le déroulais et le lui montrais. Elle prit un temps infini pour le lire. Elle caressa la bague avec une grande douceur puis me jeta un regard chargé de reconnaissance et il me sembla qu’elle disparut. Enfin, j’étais seul avec le coffret et un parfum de lilas. Le papier se transforma immédiatement en poussière, vous pensez avec tout ce temps passé ici et la bague m’échappa et roula je ne sais où, je ne l’ai jamais retrouvée. Je possède toujours le coffret, il est remis à sa place sous le fauteuil. Ce qui est sûr c’est que quand mon chat s’y couche, il ronronne.
Christian LUZERNE Conteur de Légendes.

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